LA PÊCHE DE JADIS

Quand la pêche était un loisir, un sport…et source de vie

 
Voici notre enquêtrice, Dominique Grubis-Brun (la nouvelle saison de pêche ouverte dans le Rhône depuis le 13 mars) plongée dans les articles de presse ancienne et autres documents, suivant à la trace ou à la rame, les pêcheurs du Rhône (et les proches voisins), entre ruisseaux et fleuve-roi.
 
Tout d’abord nous dit-elle, de tous temps, les hommes (et peut-être quelques femmes) ont pêché. La pêche, source d’alimentation, de trocs, de commerces…et de braconnage.
Pour les évoquer :
 
1933 – Braconnage : (et pas seulement) le film (documentaire) de 1933 de Jean Aurenche e Pierre Charbonnier, durée 3h30, « Pirates du Rhône » : « la pêche était louée et déjà les eaux du Rhône autour de Lyon empoisonnées par des rejets industriels. Les pêcheurs contraints au braconnage de nuit (…) troquant la canne contre l’épuisette… (*) »
 
1975 – (…)Ou encore le roman « Pirates du Rhône » signé Bernard Clavel, dont une édition strictement limitée fut illustrée par Maurice Der Markarian, signée par l’auteur et par le peintre. C’était en 1975.
 
Dans la pêche aux informations du passé, Dominique Grubis-Brun a aussi remonté dans ses filets :
 
1897 – « La pêche miraculeuse » comme il est relaté dans le Mémorial de la Loire et de la Haute Loire le 1er août 1897 : « le sieur Lacaille, demeurant à Condrieu, vient de faire une pêche qui mérite d’être signalée : une truite pendant 6 livres et (À grammes a retirée du Rhône par l’hameçon de ce pêcheur ».
 
1908 – l’alevinage (extrait du journal «Le Parisien» en date du 22/11/1908)
La pisciculture dans le Rhône
« Mr Durand est l’éminent directeur de l’école agricole régionale d’Ecully (Rhône), où il y a une station piscicole destinée au repeuplement des rivières du département. Cette année 58 000 alevins en bonne forme ont été produits dont 40 000 truites des ruisseaux et 9 000 arc en ciel que l’on a réparties ainsi pour la plus grande joie à venir des pêcheurs du Rhône :
(…)
Le Rhône, en amont de Lyon, 7 000 alevins de truite arc-en-ciel
Le Bassenon, à Condrieu, 5 000 alevins de truite commune. »
(…)
1937 : La grande question :
 
« Doit-on permettre la pêche le dimanche pendant la période de de fermeture ? » (Extrait du Mémorial de la loire et de la Haute-Loire 23 mai 1937)
« Non, nous écrit un correspondant de Condrieu :
 
Pêcheur passionné depuis de longues années, j’estime, comme la plupart des pêcheurs expérimentés, que nos devanciers en prohibant toute pêche pendant deux mois à l’époque du frai ont agi avec bon sens et ont rendu un grand service à la pisciculture. Quand on pense qu’une carpe, par exemple, produit normalement dix mille œufs, il est aisé de prévoir la destruction poissonnière pendant quelques jours de non prohibition. Si l’on veut protéger ce sport populaire de la pêche à la ligne, on devrait sévir courageusement une fois pour toutes contre la piraterie nocturne. C’est le fléau de nos fleuves et rivières.
 
Le poisson dit un correspondant « ne mord pas en temps de frai, il est donc inutile d’aller le déranger pur revenir bredouille plein d’amertume et de découragement pour les essais à venir. Bref, mieux vaut savoir attendre et laisser opérer la nature pour le repeuplement en l’y aidant de tous nos moyens ».
La mesure proposée va d’ailleurs à l’encontre de la loi qui prohibe la vente de poisson d’eau douce pendant l’époque du frai.
 
Illustration : « Pêche au carré » près du pont de Condrieu
Source (*) senscritique.com
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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